Décès de Józef (Joseph) #PYRZ, après les obsèques, la MEMOIRE

Décès de Józef (Joseph) #PYRZ, après les obsèques, la MEMOIRE

Les obsèques de Józef (Joseph) PYRZ ont eu lieu le jeudi 29 septembre 2016 en l’église paroissiale de Mikluszowice dont dépend le village de Gawłówek dans lequel il est né le 17 février 1946 et où se trouvait sa possession familiale, c’est là qu’il est décédé. La célébration a réunis de très nombreuses personnes, par ailleurs des couronnes ont été envoyées par le vice premier ministre polonais et ministre de la culture, l’ambassade de France a également envoyée une couronne signifiant par ce beau geste la reconnaissance de la France à ce grand sculpteur qui laisse dans de nombreuses églises françaises et dans de nombreuses collections privées mais aussi dans des musées, comme celui du Centre d’Arts de Schorbach des centaines d’œuvres.

Joseph Pyrz repose désormais dans le cimetière de Mikluszowice, où dorment dans la paix ses frères, ses sœurs ainsi que sa maman et son papa.

En hommage au sculpteur, son ami proche Michel Marbot a tenu à laisser un témoignage, il le nomme dans ce texte Józef (Joseph) PYRZ par son pseudonyme "Jonasz". Nous publions ci-dessous ce témoignage :

IN MEMORIAM

IN MEMORIAM – JOZEF PYRZ

par Michel Marbot

Lorsque j’ai annoncé à mon père la mort de Jonasz, une phrase a jailli de lui qui résume tout : « c’était un homme qui forçait l’admiration et le respect par sa modestie et son talent ».

Jonasz était-il un prophète ? Je ne le sais pas. Mais ce dont je suis sûr, c’est que chacune de ses œuvres a commencé par un mot. Car « au commencement était le verbe ». D’ailleurs, son parcours artistique est une recherche de la place de l’homme dans le plan de Dieu. L’une de ses premières œuvres importantes représente Dieu créant le monde. Puis immédiatement après il sculpte Adam et Eve, l’origine de l’humanité. Les deux amants se tiennent par la main, avec au dessus d’eux, la colombe représentant le Saint-Esprit. C’est une ôde à l’amour et la fertilité. Eve n’a pas dans sa main la pomme traditionnelle, elle n’est pas submergée par la honte et le péché. Non que Jonasz ne s’intéresse pas à la confrontation du bien et du mal. Au contraire, cette lutte prend chez lui une dimension capitale. Mais Jonasz ne se pose pas en moraliste. Pour lui, le Bien est partout où il y a la vie et la lumière. Et le Mal, partout où règne la violence obscurentiste. Alors, Jonasz s’attaque à son œuvre capitale, la lutte entre David et Goliath. David use de son intelligence et Goliath n’est qu’une masse disforme et aveugle. Jonasz ne doute pas de l’issue du combat. Comme j’étais surpris que le Saint Michel que je lui avais commandé pour l’église de Malbork n’ait pas son épée, il m’expliqua que l’Archange avait déjà gagné : aujourd’hui dans notre monde, le mal mène un combat perdu d’avance.

Cet optimisme de Jonasz on le voyait dans son sourire toujours à l’écoute, on le sentait dans la douceur de sa voix, et encore plus dans sa main, sa main de scuplteur, son outil, et sa deuxième bouche, toujours rigide, mais toujours ouverte et invitante. Comment les oublier ?



Jonasz était un homme foncièrement libre. Il a quitté la Pologne en 1979 pour la France ou je l’ai connu quand il était encore jeune, il avait 32 ans. Dans mon pays, Jonasz n’a pas cherché a suivre la mode, il a été apprécié tel quel et a reçu une immense reconnaissance. Un musée lui est dédié, à Schorbach en Sarre. Il a réalisé la tombe d’Olivier Messiaen, l’un des plus grands compositeurs du XXè siècle. Et je peux même vous raconter une anecdote qui prouve combien son talent a touché bien au delà des cercles catholiques. En 1995, le restaurant que j’avais sur la place centrale de Cracovie avait été choisi pour accueillir les plus hauts dignitaires juifs du monde à l’occasion du cinquantième anniversaire de la libération d’Auschwitz. Le maire de Cracovie y mit une condition : que je retire une sculture de Jonasz représentant la Sainte-Famille placée à l’entrée de la salle. Je refusai net. Le lendemain, j’accueillis en première ligne le Grand Rabin de New-York, Henry Kissinger, le fameux Secrétaire d’État américain et Simone Veil, rescapée du camp de la mort et première présidente du parlement européen. Derrière eux le maire de la ville était inquiet. C’est alors que Simone Veil s’exclama : « N’est-ce pas une œuvre de Joseph Pyrz ? C’est l’un de mes sculpteurs préférés ! » Voilà comment l’art, lorsqu’il est pur talent, et dégage une grande force spirituelle, peut dépasser les frontières. L’art de Jonasz est de cette trempe.

Lorsqu’il y eut un grand orage, en 1987, la famille de Gaulle fit cadeau à Jonasz d’un tronc de chêne, calciné par la foudre, qui provenait de la Boisserie, la demeure du Général. Il en fit une représentation de la Pentecôte, c’est à dire des disciples de Jésus recevant le feu sâcré.

Si l’artiste peut redonner vie à un morceau de bois mort, à fortiori foudroyé, pourquoi Dieu ne le ferait-il pas pour l’homme, son bien-aimé, foudroyé à son tour ?

Dernières publications

Jozef Pyrz sur Twitter

Tags

Archives